Les histoires d’A.

Aujourd’hui, je vous propose un texte que j’avais écrit pour un concours « Saint-Valentin » il y a quelques années et auquel j’ai finalement renoncé au profit d’un autre (certains comprendront peut-être pourquoi ^^)

Genre : humour

Temps de lecture : moins de 5 minutes

Ce n’est pas moi qui le dit. Ce sont les statistiques. En France, un mariage sur deux dure moins de dix ans. Cela veut quand même dire que la moitié au moins des relations de couples foire. Et encore, c’est sans compter les séparations hors mariage.

En même temps, l’amour, c’est quand même avant tout une histoire de chance… ou de malchance. Se retrouver au même endroit, au même moment, ressentir cette petite étincelle quand on croise nos regards. Ensuite, oser faire le premier pas, échanger le premier baiser, et plus si affinités… Enfin, ça, c’est la théorie. Quand tout va bien. Pas quand on est la reine des looseuses comme moi.

Un exemple.

Je venais de me faire plaquer par mon fiancé et après la rupture de notre bail, j’avais décidé de tenter une colocation. Plus intéressant financièrement et plus commode en cas de déménagement, option que j’envisageais fortement à la fin de mon contrat de travail. Quitter le temps parfois gris du Nord pour rejoindre le Sud de la France. Mon rêve : aller vivre en Ardèche. Mais si, vous connaissez forcément ce département, au moins pour le Pont d’Arc et la moitié de la Hollande qui y débarque l’été (d’ailleurs j’ai une vraie question : restent-ils des Néerlendais dans leur pays à cette saison ?). Bref… Pour mes recherches, je m’inscrivais sur un site internet et effectuais rapidement des visites chez quatre candidats ou groupes de candidats potentiels.

Candidat n°1 : jeune fille très sympathique, appartement beaucoup moins. On se serait cru chez les bonnes sœurs. D’autre part, je ne connaissais pas le quartier et autant vous dire qu’après ma visite, je n’ai pas trop eu envie de mieux le connaître. M’imaginer rentrer tard le soir dans cette impasse, très peu pour moi.

Candidats n°2 : animateurs de radio déjantés dans vieille bicoque charmante mais qui aurait mérité quelques rénovations. Sûre que la vie là-bas ou plutôt là-haut (troisième étage de ladite maison) aurait été bien loin du long fleuve tranquille. Mais là encore, pas mon style. Next.

Candidates n° 3 : Etudiantes de divers horizons et toujours prête à faire la fête. Chez elles ou ailleurs. Le remake du loft d’une mauvaise émission de télé-réalité. Là encore, pas vraiment mon trip alors je suis passée au dernier.

Candidat n°4 : le seul, l’unique qui vaille le coup. Quand il m’a ouvert la porte, j’ai cru voir apparaître un ange. L’air bête avec ma dégaine et mon béret en laine complètement défraichi (enfin pas autant que moi), j’ai eu le coup de foudre. C’était bien ma veine, après la journée de boulot et les visites que je venais de me taper, je n’avais plus l’air de rien. Il ne m’en a pas tenu rigueur et m’a invité à monter au deuxième étage. Quand il a ouvert la porte, j’ai découvert l’appartement dont j’avais toujours rêvé. Sur la droite, une première chambre qui pourrait être la mienne (qui fermait à clé, sait-on jamais) et ensuite une grande pièce à vivre. Les briques rouges lui donnaient un air chaleureux et les multiples fenêtres l’inondaient de lumière. A l’opposé de l’entrée se trouvaient une autre chambre et les sanitaires. Très bien entretenu, spacieux, pas trop cher. J’étais sur un nuage. Le beau jeune homme qui m’avait accueillie m’a servi un café et je me sentais déjà comme dans un cocon. Chez moi. J’imaginais nos enfants à quatre pattes sur la moquette et lui qui me ferait des bons petits plats (il faut vivre avec son époque). Mais pour lui, c’était plus compliqué. Il avait déjà d’autres propositions.

C’est ainsi que j’ai appris quelques jours plus tard qu’il avait choisi quelqu’un d’autre, un métalleux Allemand avec qui ça risquait de déménager régulièrement. Oui, mon contrat de travail terminait un mois plus tôt que l’étudiant aux cheveux longs alors il l’avait choisi, lui. Enfin, c’est ce qu’il a dit. Peu importe, ce n’était pas moi et j’ai du me résigner à chercher autre chose. Quand je pense que ce jour-là aurait pu être mon jour de chance. Et qu’à la place… Encore aujourd’hui, je fais partie des 15% de personnes entre 25 et 65 ans qui vivent seules. Enfin pas totalement seule, puisqu’il ne faut pas oublier mon chat. Quoi qu’il en soit, presque huit plus tard, je ne sais pas ce qu’il est devenu. Peut-être bien qu’il a fini par épouser son Allemand, parce que sa délicatesse lors de notre rencontre m’a toujours laissé un doute. Ou alors une autre femme, avec plus d’allure que moi. Une cadre sup qui sait toujours tout sur tout ou ne comprend rien à rien. Quoi qu’il en soit, je suis persuadée qu’il aurait été plus heureux avec moi. Si seulement, je l’avais rappelé… Si seulement, on s’était revu… Même par hasard. Si seulement… Mais après tout… Je n’ai peut-être rien raté. Peut-être que c’était un serial killer en devenir. Et que dans mon malheur, j’ai échappé à une mort certaine. Et peut-être que…

Je vous entends déjà. Ah la rabat-joie ! Tout ça parce qu’elle va encore passer la Saint-Valentin toute seule demain. C’est même pas vrai. Enfin, presque. Il ne faut pas oublier le chat. Jamais. Enfin bref.

Ah… Quand je vous le dis que chaque détail est important. C’est ça qui fait que les histoires d’amour finissent mal… mais pas forcément pour tout le monde.

Tandis que les histoires d’humour finissent drôles… en général.

 

 


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