Let it snow, let it snow, let it snow…

Il fait gris dans la vallée de Gérardmer. Nous décidons donc de nous embarquer pour le col de la Schlucht parce qu’il ne faut pas toujours se fier à la météo. En bas, le ciel peut être triste et là-haut, le soleil peut rayonner depuis l’Alsace. En même temps, au mois de novembre, mieux vaut ne pas s’attendre à un miracle. Pourtant, au cours de notre ascension, c’est finalement la neige qui va s’insinuer dans notre paysage, comme le sucre glace sur la gauffre liégeoise. Sur les sentiers, les feuillages aux couleurs d’automne des hêtres et des bouleaux disparaissent peu à peu sous le manteau blanc tandis que les fougères cristallisent comme des stalactites improvisées.

Une fois arrivés à destination, nous descendons de la voiture et le froid est saisissant. Je me félicite d’avoir prévu des surchaussettes, des gants et un snood parce que du coup, je me sens à l’aise pour marcher, prête à commencer cette balade sur la route des crêtes.

Près du parking, nous croisons quelques skieurs mais surtout beaucoup de familles. Nous dépassons ados, smartphones prêts à dégainer pour les photos, enfants, tirés dans les luges et parents qui trouvent toujours une excuse pour râler gentiment, tous dotés de bonnets multicolores enfoncés sur la tête. Les rires fusent, les bonhommes s’élèvent, les chiens se roulent dans la neige, certains découvrant certainement ce contact pour la première fois.

Plus loin, le calme revient. Nous nous enfonçons dans la forêt, au coeur d’une brume épaisse. Les traces de pas se font plus rares. Autour de nous, la solitude se matérialise. Mais cela n’est pas pesant. La féérie des lieux nous invite au recueillement. Le silence fait partie du décor mais il est tempéré par le bruissement presque imperceptible du vent. Les troncs se balancent, les branches qui s’entremêlent émettent une sorte de clapotis. Le temps semble se figer au milieu des sapins. Entre eux, le tapis blanc reste vierge mais granuleux à sa surface.

Ce tableau me donne des frissons. Je respire profondément. Les douleurs s’apaisent. J’ai l’impression de renaître. La montagne et son climat sont une des mes ressources naturelles. Je profite. La magie a opéré. Me voilà revigorée pour un moment…

Nous redescendons en fin de journée et le soleil tente une percée à travers le voile nuageux. Cette luminosité donne un contraste particulier à notre retour, alternant clarté et flou artistique, grâce à l’éclat qui met parfois en relief le squelette de la végétation endormie. Et moi, de mon siège passager, j’imagine déjà cette prochaine fois, où ce seront d’autres attraits qui teinteront ce paysage que j’aime tant.

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