Salut les lecteurs et les lectrices !
J’espère que vous allez bien 🙂
Si vous arrivez sur cette page cachée de mon site, c’est que vous avez dû lire mon roman Une histoire sur sa peau.
En effet, à la fin de celui-ci, je vous ai promis un texte bonus. Et bien voici. Il s’agit d’une nouvelle dans l’univers de la série Capucine, qui se lit en 15 minutes environ, dans un genre différent, à savoir la romance. N’hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous en pensez. Bonne lecture…
Et on se retrouve juste après le texte car j’ai encore un petit truc à vous dire 🙂
Le ballet
TW : scène de sexe explicite
Je n’avais pas tellement envie de venir. Clarisse a insisté. J’ai cédé. Je suis bien faible décidément. Maintenant, elle est là en train de se trémousser sur la piste de danse au rythme de Corona, sous le feu des projecteurs, et moi, je reste à notre table comme une cloche. Je savais que Diego devait nous rejoindre, j’aurais dû me douter que j’allais tenir la chandelle. Je les regarde se déhancher. Clarisse étincelle dans sa robe à sequins argentée. Elle ne lâche pas des yeux son beau latino. Et lui non plus, ne semble pas vouloir détacher son regard de sa dulcinée. Au milieu des autres danseurs, j’ai l’impression de ne distinguer qu’eux dans leur bulle d’amour. Et je m’étonne de trouver ça mignon.
Pour patienter, j’ai bu quelques verres. Le coca, sans le whisky, c’est dégueu. Mais pas le choix, c’est moi qui conduit. Cela fait quelques heures que nous sommes là. J’ai eu le temps d’apprécier le confort des canapés en simili cuir, d’observer le moindre recoin de la salle rétro de la boite. J’ai même commencé à compter le nombre de carreaux qui forment ce relief étrange sous le bar et de cocktails que le barman préparait en dix minutes. Et pour être précise en ce qui concerne le barman, la réponse est : ça dépend.
En temps normal, j’aurais dansé. C’est un nouveau DJ et j’apprécie ce qu’il propose, ces enchaînements. De ses mains habiles, il passe d’un disque à l’autre, casque vissé sur son crâne chauve. C’est maintenant 2 Unlimited et les ondes de son mythique No limit qui emplissent l’espace.
Mais ce soir, un de mes ex se trouve dans la salle. Enterrement de vie de célibataire. En soit, ça ne me fait ni chaud, ni froid. Tant mieux même, si cette union, c’est ce qu’il souhaite. Le problème, c’est que ça me renvoie à ma propre situation. Depuis ma rupture avec Quentin il y a quelques mois, j’ai eu quelques aventures. Rien de sérieux. Papillonner me va bien pour l’instant.
J’ai 26 ans. Je sais ce que je veux, mais peut-être que j’en demande trop. Pas de mariage, pas d’enfant. Juste lui, moi. De la passion à l’état pur. Savoir quand ça commence et jamais quand ça finit. Que ça dure ou pas, je m’en moque. Je veux aimer. Follement. À en crever.
— Capucine, ça va ?
Clarisse est de retour et s’installe à côté de moi. Diego la rejoint peu après et lui prends la main. Je me tourne du côté de la place vide. La mienne, personne ne veut la saisir. Ni la main, ni l’occasion. Je suis pourtant là depuis un moment et pas si moche après tout. La faute à mon sale caractère sûrement. Pas besoin de radar pour le détecter à des kilomètres. J’ai envie de soupirer. Je n’ai pas toujours été comme ça.
— T’es toute pâle. Tu peux rentrer si tu veux. Diego me ramènera chez moi.
Voilà. J’ai tout gagné. À force de me prendre la tête, je me rends malade. T’es seule parce que ce n’est pas ton soir et que tu n’as rien fait pour, ma grande.
— Je crois que c’est mieux.
Je me lève et salue les amoureux qui se bécotent.
Je me dirige droit vers la porte du labyrinthe qui me conduira vers la sortie. Je traverse les différentes salles, sans un regard pour les occasions ratées et les mains non saisies.
Quand elle passe à côté de moi, je frôle délicatement le bout de ses doigts. Elle m’échappe.
Depuis tout à l’heure, j’observe chaque détail de son physique, harmonieux. Elle a attaché sa chevelure châtain en un chignon lâche dont elle a laissé quelques mèches fines dépasser. Opté pour une robe bordeaux à fines bretelles resserrée à la taille par un ruban. La regarder, c’est comme écouter une douce mélodie au milieu de ce brouhaha.
Sans qu’elle s’en rende compte, je l’ai fixée une bonne partie de la soirée. Elle me semble dans cette pièce la seule personne qui me ressemble. Je suis là par obligation. Un enterrement de vie de garçon. Je n’aime pas les boites de nuit. Je ne suis pas à ma place et avant qu’elle ne se décide à quitter les lieux, à quelques mètres de moi, les yeux dans le vide, elle ne l’était pas non plus. Pour des raisons différentes, certes. Mais je sens que pour elle comme pour moi, l’inertie est l’occasion d’un point d’étape. Et à en juger son attitude, il ne doit pas être plus glorieux que le mien.
Jamais je n’aurai dû venir ici. J’aurais pu prétexter une quelconque maladie, de la fatigue juste après l’apéro et comater devant Koh-Lanta dans mon canapé. Depuis le temps qu’on m’en parle. Mais quand on est le témoin du marié, c’est un peu difficile de se défiler. Vivement demain, les bulles de champagne et les cousins pas vus depuis trop longtemps. Tonton Gaston qui s’exaspérera parce qu’un mariage sans jarretière, ce n’est pas un mariage et que les traditions, ça se respecte. J’aurais sûrement l’air moins morose que maintenant où mon cerveau dépose le bilan de ma vie.
J’ai une situation stable, un job que j’apprécie. Qui me sort de cette routine dans laquelle je me suis fourré. J’y vais de surprise en surprise. Le reste m’encombre. Enfin, pas toujours. Mais cette envie de le balancer ne devrait pas effleurer mon esprit. Parce que j’ai tout pour être heureux.
Fin de soirée. Gueule de bois. Ne plus y penser. Je finirais par trouver ce que je cherche et sinon tant pis. Seul profiter de l’instant compte.
Assourdie par une musique électronique inconnue et sans âme, j’attends dans la file qui mène aux vestiaires quand ma main se pose sur mon avant-bras dénudé. Putain de merde. J’y avais enroulé mon foulard en attendant de le mettre dehors. Une pièce en soie peinte à la main. J’y tiens. Elle me vient de ma mère. Manquerait plus que ça que je la perde.
— C’est ça que vous cherchez ?
Quand je l’ai vue se détacher d’elle et tomber à terre, j’ai saisi ma chance. Elle sourit, visiblement soulagée. Je crois que c’est la première fois au cours de cette soirée que je la vois rayonner.
— Merci.
Je ne sais pas ce qu’elle a de plus que les autres. Mais me tenir là, à côté d’elle, me bouleverse. Je me sentais incomplet et voilà qu’elle débarque. Comme si je n’avais attendu qu’elle jusqu’à présent. Malgré ma vie bien remplie, malgré tout ce qui devrait me combler. Elle a le visage du bonheur qui arrive sans s’annoncer.
— Vous alliez partir ?
— Oui. Je… je ne suis pas à l’aise ce soir. Et l’amie qui m’accompagne est très occupée.
— Moi aussi, je m’ennuie.
— On pourrait peut-être le faire ensemble alors.
Nos cœurs battent le même tempo. Pas celui qui résonne ici. Plutôt le genre de refrain qui vous emmène ailleurs. Lentement. Assurément.
Je la dévisage. Elle s’amuse de moi. Ses yeux pétillent, comme ceux de l’enfant prête à commettre une irréparable bêtise.
— S’ennuyer. On pourrait peut-être s’ennuyer à deux.
Il me plait. Pour la première fois depuis ma rupture, un homme me plait vraiment et ça ne me fait pas peur. Je lui donne la quarantaine. Cheveux d’un châtain très clair. Barbe de quelques jours qui le rend délicieusement charmant. Iris bleus clairs me donnant envie d’y plonger.
— Je m’appelle Sébastien.
Son visage me semble familier.
— On se connait, non ?
— Section de recherches ?
C’est ça. Mais la pénombre, la tenue civile… Ici, tout est différent.
— Capucine.
On a dû se croiser dans les couloirs du boulot. Je suis arrivée il y a toute juste une semaine sur Metz et commence officiellement lundi. Avec un peu de chance, je vais tomber dans ses bras, euh, dans son équipe. Je ne le pense pas insensible à mon charme.
Toujours debout dans le vestibule, nous sommes bousculés par la foule qui entre et sort de la boite. Ballotés comme ces quilles qui ne veulent pas tomber pour un strike, nous n’arrivons pas à détourner notre regard l’un de l’autre.
Il me propose de retourner nous asseoir. Je m’approche de lui et chuchote à son oreille.
— Si on dansait plutôt, mon capitaine ?
— Je n’ai jamais dansé, même pas avec ma femme.
OK. Voilà qui est clair au moins. Il aurait pu l’être dès le début. Cela m’aurait éviter d’y croire. Qu’essaie-t-il de me faire comprendre ? Je n’ai pas envie de décrocher. Je joue une nouvelle carte.
— Pour cette nuit, oubliez-la.
Oublier tout. Cette nuit, c’est nous. Juste nous.
Elle me saisit par le bras et tente de m’entraîner sur la piste. Je devrais résister. Mais j’ai tellement envie de la suivre. Le quotidien n’existe plus ici.
J’ai parlé de Stéphanie, pensant que cela la découragerait et peut-être aussi pour me ramener à la réalité mais non. Au contraire, j’ai l’impression que le goût de l’interdit a stimulé davantage son appétit. Sa morosité s’est envolée. La malice l’anime.
Je cède lâchement.
Je me fous de tout. De sa femme. De tout ce qui nous entoure. J’entends la musique au loin mais tout ce qui m’intéresse, c’est lui. Ce qu’il provoque en moi. Et contre toute attente, il a accepté mon invitation. Donc tout n’est pas perdu. Face à moi, il se dandine. La distance qui nous sépare est trop importante à mon goût. Je me rapproche de lui et chuchote à son oreille.
— Vous me plaisez, mon lieutenant.
Je tente de l’attraper par les hanches, de le maintenir près de moi. Il se dérobe. Un pas en avant, deux pas en arrière. Il doit se décider. C’est oui ou c’est non. Devant son inaction, j’en déduis mes propres conclusions. Déception. Une fois de plus.
Je l’abandonne sans une explication et me dirige vers la sortie. Il ne me retient pas. Dans la salle, le DJ a changé de style et un medley Émile et Image résonne. Les danseurs reprennent en chœur les paroles entêtantes. La boule à facettes géante située au centre de la piste fait refléter mille éclats aux quatre coins de la pièce. Au milieu de cette nuée d’étoiles, je franchis le seuil.
Je me sens si ridicule d’avoir pu espérer quoi que ce soit.
J’emprunte le même chemin que tout à l’heure mais il n’a plus la même saveur. La mélancolie a laissé la place à la rage. Mes talons claquent sur le sol. Après une attente interminable, je récupère mon sac au vestiaire et une fois à ma voiture, je craque. 2 heures du mat, je suis seule. Le monde est dans la boîte, pas dehors. Ceux qui voulaient partir l’ont fait déjà et ma 206 gris anthracite se retrouve isolée des autres véhicules. Et quand bien même, j’en ai rien à foutre qu’on me voit.
Adossée sur la portière avant, je me prends la tête dans les mains. Les larmes coulent le long de mes joues.
Ma vie n’est pas aussi pourrie que je le pense. C’est juste que ce soir…
Depuis sa table où l’alcool coule à flots, j’ai distingué mon frère qui observait notre manège. Ma femme et moi sommes séparés mais quand même. Lorsque Capucine s’est rapproché de moi, j’ai juste eu assez de temps pour la repousser. Il a quitté sa dizaine d’invités et s’est dirigé vers moi, titubant, sa chemise blanche lui collant à la peau, sa tignasse brune en pétard.
— C’est qui cette nana ?
— Personne. Elle m’a confondu avec un autre.
Mon frère sort une flask de la poche arrière de son jean noir et se ressert une gorgée.
— Ah bon ? Je croyais vous avoir vu discuter pourtant.
— C’est le cas. Elle avait laissé tomber son foulard, on a échangé quelques mots quand je le lui ai rendu mais quand elle a compris que je n’étais pas intéressé, elle s’est sauvée.
Mon frère s’esclaffe.
— Ouf ! T’as déjà assez à faire avec tes gosses et ta femme sans prendre une maitresse, non ?
Question rhétorique. Je reste stoïque. Stéphanie et moi n’avons pas encore annoncé officiellement notre séparation.
Mon frère me bouscule gentiment, toujours aussi guilleret.
— Enfin je dis ça mais quand j’en serai à mes noces d’étain, je ne tiendrais peut-être plus le même discours ?
Je lui souris.
— Tu verras bien.
Je ne suis pas mon frère. Il sera probablement un homme heureux. Longtemps. Je ne veux pas lui communiquer mon amertume.
Après un court silence, gêné, il reprend avec hésitation.
— Tu reviens à table avec nous maintenant ?
N’attendant pas ma réponse, il passe sa main dans mon dos pour m’entraîner avec lui. Je résiste et réfléchis encore quelques instants. J’en ai déjà perdu beaucoup trop.
— Je crois que je vais prendre un peu l’air avant.
Mon frère me regarde méfiant.
— Tu m’abandonnes pas ?
Les spots font briller son front, perlé de sueur.
— Bien sûr que non, frangin. C’est juste qu’il fait très chaud ici.
Comme pour étayer mon propos, je sors un mouchoir en papier de ma poche et éponge sa peau moite.
Il sourit finalement en haussant les épaules.
— Comme tu veux. Du moment que tu n’oublies pas de me reconduire chez moi.
Je me tourne vers mon frère Il a l’air sincèrement heureux. Je l’étais sûrement également la veille de mon mariage. Quelques souvenirs du jour J me reviennent furtivement. La découverte de ma dulcinée dans sa robe ivoire. Dentelles s’étendant sur ses bras, perles dans ses boucles brunes. Puis, la cérémonie, le oui déterminé, l’alliance qui a du mal à passer. La pluie et la pièce montée. Tout ça ne me remue plus à l’intérieur.
Je souhaite que la journée de demain soit la plus belle de la vie de mon frère. La nuit aussi. Qu’il imprime des images indélébiles dans son esprit. De celles que même une vie de routine ne puisse pas faire vaciller. Qu’il ne tire jamais un trait sur ce qu’il a uni à son épouse. Qu’il ne ressente pas ce que je ressens aujourd’hui.
Alors qu’il rejoint ses amis, je m’éloigne.
Je lui accorde un dernier coup d’œil et progresse doucement. M’empreignant finalement de cette ambiance à laquelle je me sens incapable de m’accoutumer. Fixer ce décor où l’imprévisible s’est produit et qui bientôt sera histoire ancienne.
Je ne veux pas oublier. J’ai besoin de garder une trace de ce lieu où je n’aurais pas dû mettre les pieds dans ma mémoire. D’y mêler ce désir inavouable.
J’ai trouvé une porte de sortie. Là, à quelques mètres. Une autre vie patiente. Je dois me bouger pour elle. Je me presse un peu, libéré soudainement des boulets qui m’attardent.
Le prisonnier que je suis est prêt à s’évader.
Ce soir, je voudrais être quelqu’un d’autre. Je me complique la vie à ne pas vouloir rester dans les clous. J’ai fui Quentin, mon adorable Quentin, alors qu’on aurait pu se trouver une jolie maison, fonder une famille. Je me demande à présent si je n’en avais vraiment pas envie ou si j’ai eu peur, tout simplement. La fatigue trouble mes repères.
Je traverse à toute vitesse les couloirs bondées de la boite, avec l’impression de zigzaguer à contre-courant. J’évite habilement les bras tendus et les verres remplis de boissons plus ou moins colorées. Les visages se succèdent, peau brune ou pâle, cheveux d’ébène ou blonds platine. Vite. À cet instant, tout ce qui m’obsède, c’est de rattraper Capucine avant qu’elle ne m’échappe, pour de bon cette fois-ci.
Quand je passe la porte de la boite, je respire profondément. Cette bouffée d’oxygène provenant de l’extérieur me fait du bien, me remet les idées en place. L’établissement est entouré de champs, j’aperçois au loin les phares d’un véhicule sur la route nationale. Au dessus de moi, l’enseigne lumineuse rose du night-club. Le silence contraste avec l’ambiance festive du dedans.
Je balaie du regard le parking avant d’avancer sur les gravillons qui le composent. Je ne repère pas Capucine à proximité, je continue d’osciller ma tête de droite à gauche, à la recherche de sa présence. J’ai parcouru la quasi-totalité et mon espoir s’amenuise. Mais je vais jusqu’au bout.
— C’est pas moi qui te fait pleurer comme ça j’espère ?
Je relève les yeux. Je frisonne. Et ce n’est pas seulement l’air frais sur mes jambes et mes bras nus qui me met dans cet état.
Il est là, debout face à moi. Un large sourire aux lèvres pour me consoler. Je ne réponds pas. Je suis idiote. Qu’est-ce que j’ai cru ? Il est marié, bon sang.
— Mon frère était dans la salle, bourré certes mais présent. Tu…
— Je quoi ?
— Tu me plais aussi.
— La belle affaire.
— Je suis séparé. Ma femme et moi, on va divorcer.
— Ce n’est pas ce que je te demande.
— Ça fait des mois que je ne pense qu’à la vie sans elle. Et toi, t’arrives dans ma vie et en cinq minutes, tu me mets la tête à l’envers.
Parce que c’est bien ça.
Dans ses yeux, j’existe. Je suis capable d’être cet homme que je souhaite. De plaire, de me plaire. De me lancer de nouveaux défis. Mais aussi de rester un bon père, un ami sincère, un frère bienveillant, peut-être.
Je ne sais pas où cette aventure va me mener. Je n’ai pas envie d’être en couple, j’ai envie d’être avec elle. De connaître ses secrets, de lui livrer les miens. Que le temps s’arrête dans ses bras. Réécrire l’histoire, inventer de nouveaux chapitres. Je serai à l’écoute, je lui donnerai ce qu’elle attend. Je ne reproduirai pas mes erreurs. Le possible est à portée de ma main qui la frôle.
J’ai 40 ans, je sais ce que je veux. Juste elle, moi. De la passion à l’état pur. Savoir quand ça commence et jamais quand ça finit. Que ça dure ou pas, je m’en moque. Je veux aimer. Follement. À en crever.
Je ne réponds rien. Au final, je me fous de ce qu’il raconte. Ce que je désire, c’est lui. Là. Tout de suite.
— J’ai rien à te promettre. Mais ce que je sais, c’est l’effet que tu me fais. J’ai envie de te revoir.
J’agrippe ses fesses et l’attire vers moi. Je lui murmure à l’oreille :
— Et moi, j’ai envie de toi. Maintenant.
Son corps puissant me plaque contre la voiture et il effleure mon visage de ses lèvres, de mon front jusqu’à la base de mon cou.
— Ça peut s’arranger.
Je sens qu’on est sur la même longueur d’onde à présent. Le désir nous brûle. Impatient.
Il soulève ma robe et passe sa main sous ma culotte pour me caresser les fesses. Dans mon sac à main, je trouve ma clé et déverrouille la voiture. De sa main droite, il ouvre la porte passager arrière. Je m’engouffre dans mon véhicule, pressée que notre corps à corps se poursuivre à l’abri d’un quelconque regard.
Tandis que je m’étends sur la banquette, il me suit, ferme la portière et se retrouve au dessus de moi, le corps en appui sur ses avant-bras. Ça ne me ressemble tellement pas. Ce parking. Cette situation. Cet homme me fait perdre les pédales. Et le pire, c’est que j’aime ça. Je me laisse immerger par cette vague de plaisir. Nous deux, ce n’est pas un coup de foudre. C’est un tsunami.
Il m’embrasse goulûment. Comme si les minutes étaient comptées, tout s’accélère. J’enlève sa chemise et mes lèvres parcourent son corps musclé. Mes mains aussi. Son visage, ses épaules. Son torse. Tout est prétexte à l’aimer. Il remonte ma jupe, enlève ma culotte et se frotte de tout son être sur moi. Des baisers se déposent sur mon cou, mon décolleté. Je pince ma lèvre inférieure. Non, je ne rêve pas. Je défais sa ceinture, baisse son pantalon et son boxer.
Je ne réfléchis plus. À chaque mouvement de ses reins, je réponds par un gémissement. Mes repères, l’espace n’existent plus.
Livrées les clés des corps, enfin les peaux s’embrassent. Et le temps s’arrête tant que dure la grâce. Car le ballet est bientôt terminé. Et la vraie vie… va commencer.
Crédits paroles Le ballet : Jean-Jacques Goldman
Voilà, c’est terminé !! J’espère que ça vous a plu. 😊
Et si vous souhaitez continuer à découvrir la vie de mes personnages et être tenu·e au courant de mes actus, je vous invite à vous abonner à ma newsletter. Pour cela, c’est tout simple, cliquez sur le lien suivant et renseignez votre mail sur la page qui apparaît. Cette inscription vous donnera également accès à un espace V.I.P protégé par mot de passe où vous trouverez des lectures offertes. Laissez-vous tenter, ça ne coûte rien et vous êtes libre de vous désabonner à tout moment bien sûr : https://isabelle-m-day.fr/inscription-newsletter/